Presse

3 décembre 2025

Réinventer les modèles industriels : les enseignements de la tribune de David Machenaud

Repenser nos modèles industriels : ce que révèle la tribune de David Machenaud un mois après les Assises de l’Industrie 2025 (à consulter ici)

Un mois après les Assises de l’Industrie, organisées par L’Usine Nouvelle, le débat reste plus que jamais d’actualité. L’événement a mis en lumière une réalité industrielle exigeante : l’Europe mène simultanément une course aux coûts, une course à l’intelligence et une course aux volumes. Les témoignages de Christophe Périllat (Valeo), Doris Birkhofer (Siemens France) et Thierry Francou (Eurenco) ont illustré la profondeur de ces défis et l’urgence d’y répondre.

C’est dans ce contexte qu’a été publiée la tribune de David Machenaud, Associé Fondateur d’OPEO, dans le numéro de novembre de L’Usine Nouvelle. Une tribune qui ne se contente pas de commenter la situation : elle propose de repenser les modèles industriels français pour en faire de véritables leviers stratégiques de compétitivité.

Le message de David Machenaud : reconstruire des modèles industriels robustes, frugaux et différenciants

Dans sa tribune, David Machenaud rappelle que la transformation industrielle ne se réduit pas à des outils, des plans ou des investissements massifs. Elle repose avant tout sur la capacité des entreprises à retrouver des modèles industriels robustes et adaptables, capables de résister aux crises et de créer un avantage compétitif durable.

Il décrit un geste de transformation spécifique à OPEO, au cœur de cette reconstruction : « La signature OPEO est ce geste de transformation unique qui touche simultanément à la culture, aux processus et à la structure des entreprises, qui associe les approches cartésienne et systémique. »  Pour lui, la clé réside dans une trajectoire de transformation intégrée, connectée aux opérations comme aux décisions stratégiques, et articulée autour de quatre piliers majeurs :

  • Aligner vision stratégique et excellence d’exécution : Créer un modèle industriel singulier nécessite de stabiliser les processus tout en s’autorisant à dépasser les routines quand elles limitent le potentiel.
  • Revaloriser le geste technique et les métiers du terrain : La France fait face à une pénurie de compétences essentielles, chaudronnerie, maintenance, soudure, qui doivent redevenir centrales dans les trajectoires industrielles.
  • Hybrider le technique, le technologique et l’humain : David souligne l’importance d’hybridations nouvelles, entre gestes opérationnels, outils digitaux, transformation managériale et vision stratégique
  • Retrouver une frugalité industrielle : Non pas faire « moins », mais mieux : simplifier, stabiliser, réduire les gaspillages, revoir les architectures de flux.

Une approche simple en apparence, exigeante dans les faits, mais puissante pour restaurer compétitivité et attractivité.

Ces orientations ne constituent pas une méthode générique : elles permettent à chaque entreprise de retrouver la singularité de son modèle industriel, pierre angulaire de sa compétitivité.

Ce que les Assises ont confirmé : les enjeux de réindustrialisation convergent vers ces leviers

La tribune de David résonne directement avec les constats formulés lors des Assises. Lors de la table ronde « Réindustrialiser une filière : méthodes qui marchent, preuves à l’appui », Michaël Valentin, Associé Fondateur d’OPEO, rappelait que la réindustrialisation française ne peut réussir que si l’on se concentre sur l’exécution, la manière dont les décisions se traduisent dans les flux, les cadences, les gestes du quotidien.

Il identifiait trois dynamiques industrielles distinctes, qui appellent chacune un modèle et une trajectoire spécifiques :

  • Accélération pour les secteurs en croissance (défense, santé, énergie),
  • Adaptation pour les secteurs en tension (chimie, matériaux de base, automobile),
  • Agilité pour les filières confrontées à la volatilité (agroalimentaire, biens de consommation, équipements, santé, luxe).

Et une réalité centrale : « Une pièce passe 99 % de son temps à attendre d’être transformée. »

Ce chiffre illustre précisément ce que met en lumière la tribune de David : la performance ne se limite pas à investir, mais à transformer les opérations dans leur profondeur — gestes, synchronisation, architecture des flux, culture managériale.

Vers une souveraineté industrielle fondée sur le geste et l’exécution

La tribune de David Machenaud et les échanges des Assises convergent vers une conviction forte : la souveraineté ne se gagne pas uniquement par des visions, des programmes ou des plans nationaux, mais par un travail exigeant sur le modèle industriel, sur les compétences, sur la frugalité, sur l’alignement entre stratégie et opérations. « Revenir aux fondamentaux de l’excellence opérationnelle, parfois affaiblis ces dernières années, est clé. Miser sur la frugalité industrielle pour relancer production et attractivité est à la fois simple mais technique. »; « La souveraineté ne se pense pas, elle se fabrique. »

Un mois après les Assises, le message est clair : l’avenir industriel français dépendra de notre capacité à reconstruire nos modèles industriels, à hybridiser nos compétences, et à exécuter avec précision et détermination.

Pour aller plus loin

📄 Lire la tribune complète de David Machenaud (Usine Nouvelle)
🎥 Voir la table ronde : https://youtu.be/r6B3zdRE99c
🤝 Échanger sur vos enjeux industriels : prendre rendez-vous avec David Machenaud

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