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27 novembre 2025
Bonus écologique : un soutien utile, mais la compétitivité se gagnera dans les usines

Bonus écologique : un soutien nécessaire, mais pas suffisant pour la compétitivité européenne
Analyse de Michaël Valentin, Directeur associé OPEO & expert de la filière automobile
Le gouvernement a annoncé l’augmentation du bonus écologique pour l’achat d’un véhicule électrique. Un acheteur pourra bénéficier jusqu’à 5 700 euros d’aide en 2025, notamment pour des modèles produits en France ou en Europe. Une mesure qui répond à deux défis : démocratiser l’accès à la voiture électrique et renforcer la préférence européenne face à la concurrence asiatique.
Pour Michaël Valentin, Directeur associé chez OPEO et spécialiste du marché électrique, cette évolution est positive mais reste limitée face à l’ampleur des transformations en cours.
L’écart de compétitivité reste majeur
Aujourd’hui, une voiture électrique européenne se vend entre 30 000 et 35 000 euros, contre 20 000 à 25 000 pour un modèle thermique. Les constructeurs chinois, eux, produisent déjà des berlines électriques dont le coût de fabrication se situe entre 15 000 et 20 000 euros, grâce à des volumes colossaux (6,5 millions de véhicules électriques vendus par an en Chine, contre 300 000 en France).
Cet écart structurel ne peut être absorbé par les seuls bonus : « Le bonus aide, mais il ne suffira pas à rendre l’industrie automobile française et européenne compétitive », rappelle Michaël.
Un marché en mutation rapide
La montée en puissance de marques comme BYD, Huawei ou Xiaomi illustre une nouvelle dynamique : les nouveaux entrants ne se contentent pas de produire des véhicules électriques. Ils développent des voitures conçues comme des produits digitaux, évolutifs, connectés et optimisés par la data.
L’industrie automobile ne fait pas face à une simple transition énergétique, mais à une révolution industrielle et technologique.
Comment rester compétitifs ? Trois leviers structurants
Pour Michaël, la réponse se situe largement au-delà des aides publiques. Elle repose sur une transformation profonde du modèle industriel européen.
1. Innover sur les batteries
• Développer des technologies plus performantes, recyclables et souveraines
• Réduire la dépendance aux matières premières asiatiques
• Accélérer l’industrialisation des gigafactories en Europe
2. Créer des véhicules plus digitaux
• Intégrer nativement les outils de connectivité, d’automatisation et de services
• Répondre à l’évolution des usages (mise à jour OTA, cockpit digital, services intégrés)
• Développer un écosystème logiciel européen
3. Rehausser la compétitivité industrielle
C’est le point clé. Les constructeurs chinois ont bâti des usines récentes, hyper-automatisées, alliant excellence opérationnelle et digitalisation avancée.
Pour rattraper cet écart, l’Europe doit accélérer sur :
- L’excellence opérationnelle et la performance industrielle
- La digitalisation des processus de production
- L’intelligence artificielle appliquée aux opérations
- L’optimisation des coûts par la transformation industrielle
- La réorganisation de la supply chain pour gagner en résilience et en réactivité
« La compétitivité n’est pas un sujet de subvention. C’est un sujet d’investissement, de technologie et de modèle industriel » conclut Michaël Valentin.
Conclusion
Le bonus écologique est un outil utile pour soutenir la demande et accompagner les ménages vers l’électrique.
Mais la véritable bataille se jouera ailleurs : dans la capacité de l’industrie européenne à transformer ses modèles, ses usines et ses technologies pour rester leader sur un marché global en pleine recomposition. OPEO accompagne ces transformations en combinant excellence opérationnelle, digital et expertise industrielle pour accélérer le passage à une industrie automobile compétitive, durable et souveraine.
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