Et l'intendance suivra ?
21 janvier 2026
Et l’intendance suivra vraiment ? | Politique industrielle : qui tient le cap ?

Peut-on conduire des politiques industrielles sans politique ?
Cet article s’inscrit dans la série « Et l’intendance suivra vraiment ? », qui prolonge en 2026 les réflexions engagées en 2025. Les experts d’OPEO y partagent leur regard sur les enjeux opérationnels qui façonnent les industries d’aujourd’hui.
Dans ce nouvel épisode, Alexandre Tissot, Directeur général d’OPEO, explore un paradoxe central : alors que les politiques industrielles reviennent dans le débat public européen, l’industrie continue de pâtir d’un déficit de cadre, de cohérence et d’exécution.
Un paradoxe au cœur du débat industriel européen
Jamais la question industrielle n’a été aussi présente dans le discours politique. Souveraineté, relocalisation, résilience des chaînes de valeur : les mots sont là, les intentions affichées. Pourtant, derrière cette prise de conscience, un constat demeure : l’Europe peine encore à se doter de véritables politiques industrielles structurées, lisibles et différenciées.
Pendant que les États-Unis, la Chine, l’Inde ou la Corée du Sud déploient depuis des décennies des stratégies industrielles intégrées, l’Europe a fait le choix inverse : externalisation de la production, fragmentation des chaînes de valeur, confiance excessive dans les mécanismes de marché.
Les conséquences sont aujourd’hui tangibles : dépendance accrue aux importations, perte de compétences critiques, fermetures de sites industriels, et un solde industriel redevenu négatif. « Le décrochage européen n’est pas idéologique, il est opérationnel », rappelle Alexandre Tissot.
Trois freins à une politique industrielle efficace
Selon Alexandre Tissot, la difficulté européenne à renouer avec une politique industrielle cohérente repose sur trois freins majeurs :
- Politiques : des choix passés fondés sur la primauté du marché ont progressivement désarmé les filières industrielles, en transférant le pouvoir productif à des acteurs extérieurs.
- Structurels : toutes les industries ne sont ni au même niveau de maturité, ni exposées aux mêmes formes de concurrence, alors que les réponses publiques restent souvent uniformes.
- Opérationnels : la politique industrielle se concentre trop sur les dispositifs de soutien, et pas assez sur les conditions réelles de compétitivité — productivité, vitesse d’exécution, capacité à passer à l’échelle.
Ces freins ne rendent pas la politique industrielle inutile. Ils montrent qu’elle doit être repensée comme un levier de performance, et non comme un simple mécanisme de protection.
Une politique industrielle adaptée à la réalité des filières
Pour OPEO, une politique industrielle efficace repose sur une approche différenciée, pragmatique et orientée transformation :
- Les filières stratégiques de long terme — défense, énergie, santé, aéronautique — relèvent d’une politique d’État assumée : investissements massifs, montée en compétences, sécurisation des approvisionnements.
- Les industries de process, comme la chimie ou les matériaux, subissent de plein fouet les coûts de l’énergie et le dumping mondial. Elles ont besoin d’un cadre stable, prévisible et protecteur pour se transformer.
- Les industries de biens d’équipement et de consommation, plus agiles, doivent reconquérir leur compétitivité par la performance opérationnelle : excellence industrielle, automatisation, data, innovation produit.
La protection n’est pas une fin en soi. Elle constitue un sas, un temps donné aux entreprises pour investir, moderniser leurs outils et reconstruire un avantage compétitif durable. Sans transformation, la protection devient une rente ; sans protection, la transformation devient impossible.
Une conviction au cœur d’OPEO
Chez OPEO, nous sommes convaincus que la politique industrielle ne peut produire d’effets durables sans une transformation profonde des modèles opérationnels.
Dans un monde instable — chocs énergétiques, tensions géopolitiques, réorientation des flux commerciaux — la seule stabilité possible pour les filières industrielles est interne : des opérations robustes, des organisations agiles, une discipline industrielle forte.
La politique doit créer les conditions du jeu. L’industrie doit gagner la partie sur le terrain de l’exécution.
Vers une industrie qui relie cadre politique et excellence opérationnelle
La renaissance industrielle européenne ne se jouera ni dans les discours ni dans les seuls mécanismes de soutien. Elle se construira à l’intersection du cadre public et de la performance opérationnelle, du temps long politique et de la rigueur industrielle.
Chez OPEO, nous voyons dans cette transformation un mouvement de fond : celui d’industries plus claires dans leurs priorités, plus rapides dans leurs décisions et plus exigeantes dans leur exécution.
C’est à cette intersection, entre politique industrielle assumée et excellence opérationnelle, que se construit la compétitivité durable de demain.
Prolonger la réflexion
La politique industrielle ne se décrète pas, elle s’incarne dans les filières et s’exécute dans les usines.
Si ces enjeux résonnent avec vos priorités actuelles, Alexandre Tissot, Directeur général d’OPEO, se tient à votre disposition pour échanger sur vos problématiques industrielles et partager des retours d’expérience concrets.
Découvrez la vidéo complète :
« Peut-on conduire des politiques industrielles sans politiques ? »
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